Attitude devant un malaise lié au sport

July 25, 2017

 

La survenue d’un malaise lors de la pratique sportive n’est pas chose rare. La question principale pour les observateurs est bien sûr d’éliminer un accident grave pour avoir la bonne attitude. Le coach sportif de par son rôle d’accompagnant est bien souvent en première ligne.

 

Malaise, vous avez dit malaise ?

 

Le mot malaise vient de mal-être, c’est en fait un « fourre-tout » utilisé à chaque fois que l’on ressent une sensation désagréable de dysfonctionnement de l’état de bien-être. Le malaise est dominé par une description subjective plus ou moins riche de son ressenti par la personne concernée. Cette sensation de mal-être est souvent associée à une impression imminente de perte de connaissance, « je sens que je vais m’évanouir, que je vais tomber dans les pommes ». Perte de connaissance qui peut ou non survenir de façon plus ou moins complète. Les causes principales d’un malaise lié à l’effort sont réflexes ou vagales, cardiaques ou métaboliques.

 

 

Attitude initiale en cas de malaise lors de la pratique sportive

 

Devant la survenue d’un malaise chez un sportif, d’éliminer les éléments de gravité. Il est lors essentiel de préciser trois choses. D’une part une cause a-t-elle pu provoquer le malaise, une chute ou un choc avant le malaise ? Dans l’affirmative, il faut évaluer la gravité du traumatisme, la commotion ou la douleur qui en résulte pouvant expliquer le malaise. Ensuite, le malaise est-il survenu en plein effort sans aucun signe annonciateur, à l’arrêt de l’effort ou après celui-ci ? Tout malaise inexpliqué survenant brutalement pendant un effort doit alarmer. Enfin, le malaise est-il isolé ou associé à des signes inquiétants comme douleur thoracique, sensation de palpitations (cœur battant fort et/ou irrégulièrement éventuellement confirmé par les données du cardiofréquencemètre), fatigue ou essoufflement majeur et inhabituel ? L’existence d’un traumatisme et/ou de signes alarmants impose un avis médical urgent avec dans l’attente de celui-ci un arrêt de toute pratique sportive.

 

 

Attitude initiale en cas de malaise associé à une perte de connaissance

 

En cas de perte de connaissance vraie confirmée par l’absence de réponse aux questions classiques : m’entendez-vous ? Si oui, serrez-moi la main. Il faut vérifier si le sportif respire normalement en se rapprochant du nez et de la bouche pour détecter un souffle d’air et regarder si le ventre bouge avec la respiration. Si le sujet est inconscient et ne respire pas, c’est un arrêt cardiaque. Il faut enchaîner immédiatement les 3 gestes d’urgence « Appeler, Masser, Défibriller ». Appeler le 15, masser à 100 coups/minute, défibriller avec le défibrillateur le plus proche. Toute salle de sport doit posséder un défibrillateur en état de marche et facile d’accès. Si le sujet est inconscient et respire, il faut le placer en position latérale de sécurité et appeler les secours.

 

 

Le malaise vagal, explication physiopathologique

 

Le malaise vagal est couramment observé. Il est généralement sans gravité. Il s’explique par un dysfonctionnement du nerf vague d’où son nom.

Rappelons que le cœur est un muscle dont les cellules se dépolarisent automatiquement. Cette dépolarisation est à l’origine de la contraction des cellules musculaires cardiaques. Cette contraction permet l’éjection sanguine qui correspond au battement cardiaque. La régulation de la fréquence cardiaque (nombre de battements par minute) est due aux effets antagonistes des deux branches du système nerveux autonome. La branche sympathique qui accélère la fréquence cardiaque et la branche parasympathique qui ralentit la fréquence cardiaque. On parle de frein vagal. Ces deux branches de régulation interviennent par des mécanismes réflexes. Ainsi pour que l’organisme fonctionne bien, il faut que la pression sanguine, ou pression artérielle, reste à un niveau suffisant pour que les organes soient bien perfusés. La pression artérielle a deux facteurs de régulation principaux et immédiatement utilisables, la fréquence cardiaque et la capacité des vaisseaux artériels à se contracter plus ou moins. Si la pression artérielle s’élève trop, le cœur se ralentit par l’effet du nerf vague et les vaisseaux se relâchent. Si la pression artérielle baisse trop, le cœur s’accélère et les vaisseaux se contractent par l’effet du sympathique. Cet équilibre se fait normalement instantanément, en permanence et sans que nous en ayons conscience.

Le malaise vagal survient lorsque en cas de baisse tensionnelle, le vague bloque les adaptations physiologiques décrites précédemment, le cœur ne s’accélère pas ou insuffisamment et les vaisseaux se contractent mal. La baisse de la pression artérielle persiste et les organes, en particulier le cerveau, sont insuffisamment perfusés, le malaise vagal avec possible perte de connaissance plus ou moins complète survient.

 

 

Pourquoi un malaise vagal post-effort ?

 

La réalisation d’un exercice dynamique violent s’accompagne d’une dilatation majeure des vaisseaux. En cas d’arrêt brutal de l’exercice maximal ou bien intense et très prolongé, un volume de sang important reste séquestré dans ces vaisseaux qui restent dilatés. Pendant toute la durée de l’effort intense, le frein vagal est « enlevé ». À l’arrêt brutal de l’effort, le vague réintervient et ralentit brutalement la fréquence cardiaque. L’association coup de frein vagal et séquestration sanguine dans les membres inférieurs entraîne une chute de la pression artérielle et le malaise vagal.

Après un exercice statique, comme lors du soulevé de charge lourde en musculation avec maintien de la charge au-dessus de la tête le plus souvent associé à une respiration bloquée, la survenue d’un malaise vagal à l’arrêt brutal du porté est fréquente. C’est la syncope de l’haltérophile. Elle est due à la chute de pression artérielle induite par l’arrêt l’effort statique associé à la reprise de la respiration. Le vague qui est stimulé limite l’adaptation de la fréquence cardiaque, d’où le malaise.

 

 

Savoir reconnaître le malaise vagal

 

Le malaise vagal parfois associé à une perte de connaissance est très caractéristique. Il survient dans un contexte évocateur (douleurs, émotion, station debout prolongée, période postprandiale). Ici c’est le sport, le malaise survient après et pas pendant l’effort. Il ne survient pas d’un coup, mais est précédé de ce que l’on appelle des prodromes, c’est-à-dire des signes annonciateurs. Il s’agit de vision floue, nausée, sueur, pâleur, picotements péribuccaux, asthénie et bradycardie. Le malaise n’est accompagné d’aucun des signes de gravité décrits au début de cet article. Cette installation progressive laisse le plus souvent le temps au sujet de s’allonger. En cas de perte de connaissance, celle-ci est brève avec retour spontané à la pleine conscience. Le sujet reste alors fatigué et « vasouillard » pendant